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Venceremos (Villagers of Ioannina City)

25 sept.
4 min de lecture

(c) Dubravka Rasic - Tous droits réservés
(c) Dubravka Rasic - Tous droits réservés

Il y a bien longtemps déjà, lorsque nos oreilles attentives avaient croisé le son inattendu des Grecs de Villagers of Ioannina City, il nous avait bien fallu admettre que nous venions d'être piqués au vif par tout un tas de choses qui sentaient bon l'originalité, l'engagement et trahissaient le talent, par delà les genres et les cases, ce qui fut magistralement confirmé par l'excellent Age of Aquarius en 2019. Malheureusement, mis à part un live sorti en 2021 pour nous rassurer sur le fait que le COVID-19 n'avait pas eu raison d'eux ni de leur envie d'en découdre, aucune nouvelle n'était parvenue depuis jusqu'à nous. Quelle ne fut pas notre surprise, devrais-je dire notre plaisir, d'apprendre avant l'été l'arrivée pour cette rentrée de Venceremos, nouvel album du groupe ! L'attente n'en fut que plus longue mais force est de constater aujourd'hui qu'elle en valait la peine, tant ce dernier cru s'impose comme une œuvre ambitieuse, d'une richesse incroyable et qui rebat mieux que jamais les cartes des genres, aventureuse qu'elle se révèle, à la croisée des genres, sans se départir de l'énergie qui a toujours servi de guide aux Hellènes.


Venceremos nous projette dans un monde dystopique, gouverné par quelques puissants, contrôlé par le mensonge et s'il n'y suffit pas, la peur et la violence. Dès "Home", le heavy-rock de VIC déploie sa richesse sonore, convoquant des instruments traditionnels que le groupe affectionne et le propos frappe fort sur fond de batterie militaire. On retrouve la puissance du groupe, non sans un certain plaisir, mais loin d'imaginer, dans la hargne de Alex Karametis, que le meilleur est à suivre. Car "Ghosts in the sky", premier single de l'album, enchaîne avec son ambiance aérienne qu'une rythmique tellurique vient fendre au fer. On est aux grandes heures de Running Wild ou Grave Digger, mais avec cette culture stoner rock que Villagers of Ioannina City a toujours su choyer, à grands renforts de riffs lourds, de refrains ravageurs, d'une amplitude sonore incroyable. Quelle claque ! Vient alors le titre qui a donné son nom à l'album, hymne power-métal au couteau, qui n'est pas sans rappeler le Gamma Ray de Valley of the Kings par son mélange de force et de musicalité. "Ruiner" s'aventure quant à lui du côté plus atmosphérique, qui permet de mettre en relief l'excellent travail de batterie qui caractérise ce nouvel album, et là encore la déferlante du refrain ne se fait pas attendre, qui met tout le monde d'accord. Et justement, fédérer, rallier toutes celles et ceux qui refusent de baisser les bras face à l'adversité, c'est ce à quoi aspire le groupe dans cet album qui en appelle à se rassembler autour de valeurs fédératrices, comme s'il tentait de raviver en chacun cette humanité enfouie. Ensemble, tout redevient possible.


Aussi, lorsque "No fear" décoche sa rythmique de Tsunami et prend ses allures tempêtueuses dans un duo basse / batterie d'Akis Zois et Aris Giannopoulos du plus bel effet, on sait qu'après avoir essuyé l'une des baffes métalliques les plus puissantes et originales de ces dernières années, on n'est malheureusement pas au bout de notre peine, mais on y fonce, volontaires. Les instruments issus de la culture folk, comprenez populaire, ressurgissent quand on ne les attend pas, soulignant l'honnêteté d'un groupe droit dans ses bottes, ancré dans sa terre méditerranéenne, dont il porte les valeurs, maîtrise l'histoire comme les mythes, et pour laquelle il se battra jusqu'au bout, contre tout impérialisme, toute inhumanité. Car si l'histoire qui nous est contée sert de support, l'heure est à la lucidité du côté de nos amis Grecs qui savent peut-être, mieux que nous, ce que signifie l'austérité et la privation et dont la vision de l'état du monde "Here & now" doit compter, comme un appel à défendre ce que nous avons de plus cher : la Liberté, et les douze minutes de cet hymne font juste un bien fou. « C’est un appel à rester solidaires face à la peur, là où l’espoir brille comme une étoile lointaine et où la liberté mérite tous les combats. C’est une question de résistance, d’unité et de foi dans le changement, même quand tout le monde dit qu’il n’arrivera jamais. » explique le groupe.



Enfin, lorsque "Requiem" déferle pour conclure magnifiquement cette quête existentielle, ce sont plus de sept minutes pendant lesquelles le trio, épaulé de Dimitris Brentas (vents), fusionne à l'envie et avec une grande maturité sonore tout ce qui a toujours fait son ADN, cette sève rock, ce tempérament heavy, cette culture folk et cette attitude stoner, pour porter haut et fort son message. Voilà les Grecs entrés dans une nouvelle ère, exploratoire et ambitieuse qui les place bien loin devant des formations moins aventureuses et qui se contentent de dérouler ce qu'elles ont toujours fait. Gageons qu'ils ne s'arrêteront pas en si bon chemin et à ce prix-là, ils sauront, sans se retourner, pouvoir nous compter derrière eux. D'ici là, qu'ils soient rassurés : le message de Venceremos (qui signifie "Nous vaincrons") est bien passé !






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