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Obsidian (OVOO)

14 oct.
2 min de lecture

Il n'est jamais évident de se frayer un chemin à travers une telle matière sonore et pourtant, Obsidian, premier album des Alpins de OVOO, possède plus d'une porte d'entrée, que l'auditeur attentif saura pousser, pour pénétrer dans l'indescriptible univers déployé par Jean-Philippe alias Astrocyte JFI (tout un tas d'instruments regroupés sous le terme d'instrumentarium) et Alexandre alias Sid Negativv (batterie, samples), à l'origine de ce projet loufoque et inclassable.


OVOO
OVOO

Ce disque, qu'ils décrivent eux-mêmes comme "magmagnétique" se situe quelque part entre le rock progressif, le post-rock, l'héritage noise et ambient, sans entrer dans aucune case. Plus que les paysages calcaires des Alpes, dont il puise inévitablement une forme de vibration, le duo parvient à convoquer des énergies, des ondes, qu'il traduit en fils conducteurs d'un voyage inattendu auquel l'auditeur est invité, peuplé d'instruments inédits, créés pour le besoin, qui décuplent l'onirisme de la démarche, ouvrant la voie à des rencontres sonores sans précédent.


Jean-Philippe d'OVOO et son instrumentarium
Jean-Philippe d'OVOO et son instrumentarium

Se laissant guider par les contraintes des différents instruments, qui lui permettent de s'affranchir au final de toute autre contingence, Jean-Philippe poursuit ce dialogue surprenant entre sonorités, résonnances, vibrations, sur les sept compositions que compte l'album, simplement numérotées en chiffres romains, sans autre forme d'intitulés inutiles. Avec près de 6 minutes en moyenne chacune, ces mêmes compositions occupent peu à peu l'espace, laissent s'installer la matière ("II"), s'étirer les tensions ("III"), se mêler les héritages (on pense à pas mal de doom, de stoner, d'indus, mais laissons là tout de suite les comparaisons affadissantes), les filiations, dans une absence totale de chant (à l'exception de spoken words, comme sur "VI"), laissant la narration aux instruments et l'imagination à l'auditeur, qui est invité à embarquer sur ce monolithe monstrueux et pourtant si aérien dans toutes ses dimensions, à l'image de la pochette symbolique signée Jérémy Chinour.


Obsidian par OVOO
Obsidian par OVOO

La véritable porte d'entrée de ce monde à part semble résider dans le battement du cœur du monde, celui de la batterie omniprésente, du rythme parfois hypnotique de ce voyage hors des repères, qui nous fait rencontrer la matière organique du monde, comme un retour aux sources telluriques, à la brutalité de l'origine. Alors, même lorsque semble s'essouffler le rythme fou de cet album saisissant, dans les toutes dernières notes, impossible de ne pas sentir se déployer en nous une forme de résonnance, comme si, à notre tour, nous avions réintégré la matière originelle, que nous étions prêts à laisser notre propre vibration nourrir celle du reste du monde.


Voilà un album surprenant à plus d'un égard, qui vous captivera comme il nous a subjugués, véritable bande originale d'un voyage inoubliable auquel nous ne saurions que vous inviter sans plus tarder.



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Image de Rod Long

Affiche toi ici !

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