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Terrifying angels (Pure reason revolution)

15 oct.
3 min de lecture

Depuis leur renaissance en 2019, et en quatre albums, les Pure reason revolution, pilotés par le duo John Courtney et Annicke Shireen, sont parvenus à se hisser parmi les formations capables de mêler des influences aussi diverses que Pink Floyd, Porcupine Tree ou Nirvana, apportant à leur son résolument progressif une énergie débridée qui est définitivement leur marque de fabrique.


Pure reason revolution
Pure reason revolution

Ainsi, au mélancolique et sombre Coming up to consciousness (2024) succède cette année le très réussi Terrifying angels, qui se penche sur la dualité de ces personnages mythiques, soulignant leur ambiguïté et la violence qu'ils masquent derrière leur réputation salvatrice, plus enclins à juger qu'à délivrer. L'album entier interroge la noirceur humaine, telle que les relations toxiques dans "Black-arrow acrobats", l'emprisonnement psychologique ("Rumination ruin"), les notions de mensonge, de refoulement, de non-dit, de dépassement et de salut. Entre ombre et lumière, cet album, plus que tout autre, parvient à faire rejaillir, y compris dans la tonalité générale, ce mélange d'espoir et de désillusion dans des morceaux de bravoure d'une musicalité incroyable et d'une puissance maîtrisée, qui laisse une belle place au travail de batterie.


"Terrifying angels" par Pure reason revolution
"Terrifying angels" par Pure reason revolution

Le titre "Spin like fire" qui ouvre l'album a servi également de fil rouge de composition, tant dans la richesse structurelle, dans le son, lourd mélange de heavy et de prog atmosphérique, que dans l'ambiance générale. Et si "Haywire heart" est le titre le plus court jamais composé par le groupe, ne vous y trompez pas, car l'album est fait de quelques titres "à tiroirs", véritables hymnes de métal progressif de plus de 10 minutes, qui s'autorisent des breaks incroyables, des passages purement éthérés ("Terrifying angels") entre deux déferlantes sonores. La présence à la basse de Mariusz Duda (Lunatic Soul, ex-Riverside) sur "Hold your wrath" et de Kristoffer Gildenlöw (ex-Pain of Salvation) sur le reste de l'album, ne sont d'ailleurs pas des hasards, puisque l'un comme l'autre apportent la richesse de lignes complexes et à la fois addictives, qui portent véritablement l'album, à l'appui du travail remarquable de Paul Mullen (ex-Yourcodenameis:milo), légende du rock alternatif, qui pose une patte particulière sur les compositions de l'album.



Terrifying angels Tour 2026-2027
Terrifying angels Tour 2026-2027

De moments de grâce ("Below Radiance", composé par Kenny Fitzgerald, jeune musicien talentueux qui fraye dans les alentours du groupe) aux instants de perte totale de repères et de confiance ("Hold your wrath" est l'un de ces titres fous qui font une carrière), ce Terrifying angels fait la part belle aux orchestrations grandioses comme aux notes esseulées (qui ne sont pas sans rappeler Lunatic Soul d'ailleurs) et le mélange de voix féminine et masculine entraîne l'auditeur dans un univers proche de Puscifer qui sied à ravir aux Anglais originaire de Westminster.


Sept titres seulement, pour près de 50 minutes de pur plaisir auditif, voilà ce qui attend l'auditeur sur cet excellent album, qui nous ferait presque digérer la pilule de la séparation de Riverside intervenue plus tôt dans l'année, tant la relève du métal progressif de qualité est assurée par des formations comme Pure reason revolution. Ce nouvel album est de ces œuvres qui réconcilient avec un genre, une approche presque stylistique, assurément sonore, avec l'excellent travail de Bruce Soord (The Pineapple Thief) au mixage, qui en fait un album parfaitement abouti, presque une claque magistrale aux tenants du genre, de quoi les empêcher de s'endormir sur leurs lauriers, leur amour de la démonstration à outrance, car Pure reason revolution ne raconte pas d'histoires, ne cherche pas à séduire avec "ce qui marche", ne se perd pas non plus en circonvolutions ni concepts fumeux, mais frappe un grand coup en réconciliant forme et fond dans un ensemble parfaitement cohérent et sans fioriture, qui est la marque des grands albums.



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