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Far and wide (The Pinapple thief)

19 oct.
3 min de lecture

Dire que le nouvel album de The Pineapple Thief interroge l'état du monde et des humains dans ce contexte angoissant revient à enfoncer des portes ouvertes tant le sujet est évidemment sur toutes les lèvres, derrière chaque frappe de batterie, chaque ligne de guitare ou de basse, du rock au métal, en passant par la pop, le hip-hop ou le post-punk. Mais cela fait un moment que le groupe creuse son ressenti face à ce monde malmené et la tonalité de ce nouvel album en fait une pièce importante du puzzle (vous avez la référence?), mais aussi une pierre angulaire dans leur discographie, au moment d'un changement de label, le groupe ayant quitté l'historique Kscope pour InsideOut.


The Pineapple Thief
The Pineapple Thief

On explore donc, dès "New world order" ce mouvement global des choses qui s'accélère en permanence, et pour aller où ?, qui nécessite de s'adapter en permanence, laisse souvent perplexe. Le rock progressif prend presque des allures pop-rock à refrain sur ce premier titre, mais ne nous y trompons pas, voilà que "Hold the ashes" déboule avec sa batterie ultra efficace, qui est l'une des marques de fabrique du nouvel album : Gavin Harrison (Porcupine Tree) y fait montre de l'étendue de son talent, tour à tour chirurgical ou discret dans ses frappes et pas un titre n'est en reste. Il n'y a qu'à voir "Still living", sorte de balade mélancolique aux guitares incroyables, qui touchent directement au coeur, portées par une rythmique incroyable de finesse et d'à propos. On ondule, sur cette album, entre la musicalité et l'onirisme d'un Pink Floyd revisités à la Porcupine Tree des premières heures ("God knows" est une perle, avec un jeu de batterie et une basse virevoltants, en appui d'une guitare racée du plus bel effet et que dire de "Who wants it ?"). Soudain, sans prévenir, les envols, à l'appui du clavier de Steve Kitch, sont d'une beauté à vous arracher les larmes, comme sur "The empty space", l'un des sommets émotionnels de cet album.



Far and wide (The Pineapple Thief)
Far and wide (The Pineapple Thief)

Sur ce nouveau méfait, The Pineapple Thief ont souhaité faire la part belle aux instruments et au talent de chaque musicien dans des conditions proches du live, sans fioriture. Il faut reconnaître que le pari est gagné. Le travail d'orchestration est sobre et efficace, chaque instrument dialoguant avec les autres sans surenchère, et la voix, simple et ultra efficace, y est plus incarnée, plus organique que jamais. Le travail guitare / voix de Bruce Soord est épuré au maximum, touchant à la perfection d'une approche quasi acoustique. On pense ça et là au travail d'un Gazpacho hors des sentiers battus.


Far and wide european tour 2027 - The pineappel Thief
Far and wide European tour 2027

A l'heure des superpositions, du numérique à outrance, The Pinapple Thief marque un retour aux sources du rock, du progressif, de sa propre carrière même et parvient à magnifier ce qui fait de ce groupe l'un des fers de lance du progressif actuel, loin des modes et des batailles d'ego : un propos, un savoir-faire énorme, une musicalité extraordinaire, comme sur "Scattering like flies" (cette basse de Jon Sykes !) ou sur le final "No exceptions" à la batterie presque jazzy qui s'ouvre sur un solo de guitare décomplexé et fragile à la fois.


Tout est là réuni pour faire de ce très attendu Far and wide la preuve que les Anglais sont loin devant et ont un bagage technique et émotionnel ("Through the noise"), capable d'absorber les dérélictions de ce monde et d'en livrer en retour les irrépressibles et sublimes espoirs d'y faire naître autre chose. De l'art de faire passer pour simples et évidentes une richesse et une justesse de composition devenues rares, à l'instar de l'artwork sobre pour ne pas dire dépouillé de l'album. Ne surtout pas se fier aux apparences ! Cet album n'est rien moins qu'un petit joyau d'humanité. A aller écouter en live sur la tournée annoncée ...



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Image de Rod Long

Affiche toi ici !

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